Séparer l’homme de l’artiste: Koba la D, Roman Polanski

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Le 18 février 2020, le rappeur Koba la d se retrouvait au centre d’une nouvelle polémique qui s’est avérée être une véritable descente aux enfers.

L’artiste qui montrait un aspect problématique de sa personnalité ne s’attendait sûrement pas à ce que cela lui cause l’annulation de plusieurs de ses prestations.

Le jeune homme de 19 ans avait choqué les internautes en partageant, sur son compte snapchat, la capture d’écran d’un article informant du crime homophobe d’un père de famille envers son propre fils. Le père aurait tué son enfant à la découverte de l’homosexualité de ce dernier. 

Koba, ayant divulgué l’information, allait jusqu’à ajouter un commentaire que l’on peut lire en fin d’image « bien joué » avec des émoji de poignées de mains, un émoji qui sous-entend qu’il apporte son adhésion à l’acte criminel de ce père de famille.

Malgré sa tentative d’explications et le soutien de ses fans, le rappeur n’a pas été en mesure d’éviter la catastrophe. Il a immédiatement été catalogué comme étant un artiste homophobe, des appels au boycott de sa musique ont été fait massivement et suite à cela, certains festivals ont pris la décision de rayer le rappeur de leur line up (liste d’artistes prévus pour donner une performance lors d’un concert ou un festival).

Roman Polanski, est un réalisateur, producteur et scénariste franco-polonais de 86 ans.

Pour la génération des personnes nées entre les années 1990 et 2000, il est plus connu pour sa mauvaise réputation que pour ses oeuvres.

Le réalisateur connu pour être un pédocriminel recherché par interpol, n’a jamais rencontré aucune difficulté à exercer sa profession, il a d’ailleurs été récompensé d’un césar pour son film « j’accuse », le vendredi 28 février 2020.

Un bon nombre d’actrices et d’acteurs Français se sont mis d’accord pour défendre le pédophile publiquement, certains journalistes et d’autres personnes influentes se tiennent à dire qu’il faudrait séparer l’homme de l’artiste et que ce que l’homme fait de sa vie privée ne devrait jamais décrédibiliser son « génie ».

Étrangement ce n’est que lorsque l’artiste est blanc que l’on souhaite dissocier son art de sa personne. Les noirs, au moindre faux pas, sont évincés de toutes les plateformes qui pourraient être source de revenus. Il est tout à fait normal de punir des noirs qui agissent mal, ce qui n’est pas normal c’est de fermer les yeux sur les crimes commis par des personnes blanches. Cela prouve que dans cette société tout est établi pour que certaines personnes continuent à oppresser les autres.

Laisser des criminels se balader en toute liberté c’est permettre qu’ils récidivent sans que cela ne puisse déranger qui que ce soit, excepté la victime et ses proches.

N’oublions pas que le cinéma et la musique sont les premiers moyens de propagande établis par la société (on le remarque très bien aux USA lorsque des chanteurs tels que Beyonce ou Kanye West montrent leur soutien à des personnalités politique pour influencer les gens à voter pour ceux-ci), l’art, quel qu’il soit, est politique et ce, même si certain(e)s cherchent à pratiquer un art apolitique.

Lorsqu’un artiste dévoile son oeuvre, on cherchera toujours à savoir dans quel cadre, à quelle époque et dans quelles circonstances la création artistique a vu le jour. On s’intéressera aussi à la vie privée de l’artiste, ses humeurs, ses passions, ses préférences, et ses défauts, pour tenter de comprendre au mieux ce qui a été représenté. Toutes choses que l’artiste réalise, demande une opinion. Il faut savoir qu’à partir du moment où une action pousse à la réflexion et amène à une opinion publique, cela signifie que cette action est politique.

On parle très souvent de l’aspect répressible de crime tel que le viol et le harcèlement sexuel, en oubliant que ce qui s’avère être pire que la liberté des violeurs, est le fait que nous continuons à financer ces derniers. Lorsque l’on va voir un film réalisé par un violeur, on paye notre place de cinéma qui est un ajout participatif à l’enrichissement du criminel, il en va de même lorsque l’on stream la musique d’un artiste.

Si on boycottait les artistes blancs problématiques de la même façon que les artistes noirs sont mis en quarantaine, ces hommes malgré leur liberté, ne prendraient plus goût à la vie puisqu’ils n’auraient plus un sous pour l’apprécier.

Estimer qu’il faudrait séparer l’homme de l’artiste c’est oublier que la plupart des artistes trouvent l’inspiration dans leurs propres actions, dans leur quotidien et dans leurs fantasmes loufoques.

Ces hommes-là ne pensent pas être deux personnes différentes et si c’est le cas ( ce qui serait trop facile car cela pourrait décriminaliser beaucoup de choses) pourquoi ne sont-ils pas internés en psychiatrie pour troubles schizophrènes? Si ils sont sain d’esprit, l’artiste en eux doit être capable de savoir qu’il est primordial d’assumer ses responsabilités et de payer pour ses méfaits. Il n’est pas normal que des victimes aient à voir que leur bourreau soit adulé par les foules.

Lorsque Aissa Maiga et Adèle Haenel ont quitté la cérémonie des césars après que Polanski ait reçu sa récompense, elles ont immédiatement été promises à une fin de carrière médiocre, plus personne ne ferait appel à elles pour quoi que ce soit et ce, uniquement parce qu’elles ont osé sortir de la salle… Posons-nous les bonnes questions !

Pourquoi condamne-t-on des femmes qui ne font que montrer leur désapprobation face au crime sexuel, mais un homme qui a violé plusieurs jeunes filles est destiné à un avenir brillant?

par Ntumba Matunga

Tétons Marrons s’engage à être la première plateforme vers laquelle les femmes noires se tournent pour trouver une source d’informations qui est  à l’image de leur existence.

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