La pression et l’hypocrisie de la communauté noire

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Il a toujours été imposé aux femmes noires d’adopter une certaine apparence. Jamais les femmes noires n’ont pu avoir la possibilité de choisir l’esthétisme qui leur convenait, sans que cela ne pose problème. En remontant dans le temps, on peut constater que c’est un phénomène qui persiste depuis que les blancs se sont accaparés des territoires Africains. Que ce soit les femmes noires déportées ou les femmes noires asservies sur leur territoire, il a toujours été question de contrôler leurs mouvements et leur droit de parole.

Tu fais ce que je te dis et tu parles quand je t’y autorise !

Sans refaire l’histoire et pour ne citer qu’un seul exemple, lorsque le port du foulard fut imposé aux femmes esclaves parce que les femmes blanches ne supportaient pas l’idée que les hommes blancs soient attirés par les cheveux des noires, on a vu que malgré les sommations qui soumettaient les femmes noires à une autorité, ces dernières parvenaient à faire ressortir leur beauté par d’autres moyens.

On pourrait penser que de toutes les choses que les noir(e)s ont subi, l’imposition capillaire est des plus futiles et des moins barbares… C’est vrai pour certains, mais il n’en demeure pas moins que ce contrôle de l’esthétisme noir participait à déposséder les femmes noirs de leurs corps (en plus des viol permanent) et c’est une des raison majeure qui pousse certain(e)s noir(e)s à penser que leurs cheveux ne sont pas à valoriser.

Ce sont tes cheveux, c’est ton corps mais tu n’en seras jamais maîtresse !

De nos jours, il est toujours très fréquent qu’une femme noire se voit discriminée à l’emploi pour le simple fait d’avoir porté ses cheveux dans leur état naturels, ou encore parce qu’elle avait les cheveux tressés.

Contrairement à Christiane Taubira et Sibeth Ndiaye, qui ont réussi à s’imposer dans un milieu politique majoritairement blanc avec leurs cheveux naturels, beaucoup de femmes noires n’ayant pas l’aspect conforme au profil « politiquement correct », font le choix d’opter pour des coiffures qui seront moins handicapantes dans une société occidentale. Elles se tournent donc vers le port des cheveux qui sont considérés comme la norme de beauté pour éviter d’être confrontées au rejet mais aussi, par simple assimilation.

Peut-on vraiment en vouloir aux femmes noires qui, depuis leur enfance, n’ont vu sur tous les écrans que des femmes aux cheveux lisses? Une femme noire doit-elle se sentir coupable de préférer les cheveux lisses à ses cheveux crépus, sachant que les femmes noires les plus médiatisées portent presque toutes des cheveux de types caucasiens? Imposer aux femmes noires le retour au naturel, sans tenir compte de leur vécu, ni de leurs expériences, n’est-ce pas là un nouveau moyen de déposséder les femmes noires de leur corps? Avez-vous déjà vu une petite fille noire porté des perruques? La réponse étant négative, une autre question se pose. Vous êtes-vous déjà attardés sur une petite fille noire en écoutant les réflexions qui lui sont adressées concernant sa chevelure? Des réflexions d’une monstruosité abominable qui détruisent l’estime de ces femmes de demain. Des réflexions qui viennent de leur mère, de leur père, de leur tante, oncle et cousin(e)s, mais pire sont les injures des camarades de l’école ! Si personne autour d’elle n’aime ses cheveux, comment le pourrait-elle?

Depuis 2010, les femmes noires ont eu la chance de voir un mouvement prônant le retour au naturel, faire son apparition. Un mouvement qui laisse entendre que nos cheveux sont beaux, que nous ne devons plus avoir honte de ce qui pousse sur nos têtes, un message qui était des plus attachant jusqu’à ce qu’on se rende compte que ce mouvement se base sur une classification negrophobe !

En plus de classer le cheveux crépu en dernière position, le mouvement met sur un piedestale les femmes aux cheveux bouclés voire ondulés (type 2C-3B), alors que les femmes aux cheveux crépus n’ont quasiment aucune visibilité. Pour palier à cela, nombreuses sont les techniques qui visent à donner un aspect plus bouclé aux cheveux. Twist-out, braid-out, flexi rods, perm rods, ect… Des mises en plis qui prennent un temps fou et qui, en une nuit de pose, donne l’illusion de cheveux bouclés naturels.

Souvent, les femmes aux cheveux de type 4B ou 4C, ne parviennent pas, malgré toutes ces techniques, à imiter le cheveux bouclé. Il leur est alors indexé d’avoir les cheveux longs car, le cheveux crépu ne se voit complimenté que lorsqu’il est long, autrement il est considéré moche, négligé, indiscipliné, et incoiffable. Lorsque l’on dit à une femme noire qu’elle a de beaux cheveux, cela signifie qu’elle a soit des cheveux bouclés, soit des cheveux crépus d’une longueur incommensurable.

Le fait que des femmes noires arborant leur cheveux naturels, reproduisent obsessionnellement toutes les techniques de youtubeuses pour avoir des boucles, n’est-il pas synonyme de complexe? Pourquoi pointe-on les femmes qui portent des perruques mais pas celles qui ont leurs cheveux naturels et qui font usage de pratiques visant à transformer leurs cheveux?

Certain(e)s noir(e)s passent de l’oppressé à l’oppresseur en oppressant les femmes noires pour leurs choix capillaires. Nous sommes toutes, à une échelle différente peut-être, victimes de ces critères de beauté. En tant que femmes, on nous apprend d’abord à être désirable et belle. Les femmes noires, pour le simple fait qu’elles soient noires, sont jugées moins désirables que les autres et pour ce fait il est normal qu’elles essayent de se fondre dans la masse en mettant en valeur des choses qui s’éloignent de ce qui est propre aux noir(e)s.

Oui, nous devons nous débarrasser de nos démons, mais ce n’est pas en jetant la pierre et en humiliant les autres que le message d’acceptation passera mieux, au contraire.

Arrêtons la dictature et laissons le temps aux femmes de se découvrir et de s’aimer sous tous les aspects. Favorisons la pédagogie à la diabolisation. L’acceptation de soi est un long processus qui ne peut se faire en un jour, apprenons à nous montrer patient(e) et compatissant(e) avec les autres.

Amour sur vous les marrons.

 
ntumbamatunga
par Ntumba Matunga
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