Les marques sont-elles des alliées de confiance?

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Actuellement nous pouvons voir, sur les réseaux sociaux, que depuis l’assassinat de George Floyd, l’heure est à la révolte. Et pas n’importe quelle révolte puisqu’elle fait intervenir les noir-e-s du monde entier qui se sentent directement concerné-e-s par cette violence qui déshumanise le corps noir. Dans toutes les sociétés Européennes, Américaines, Asiatiques et même Africaines, les noir-e-s sont proies à des violences à caractère négrophobe qui permettent une transition du statut de vivant-e à celui de survivant-e, ou dans le pire des cas, à celui de défunt-e.

Les événements récents ont laissé place à un soulèvement mondial où les noir-e-s, qu’iels soient Hoteps, anti-racistes, universalistes, panafricain-e-s, Afrofem, ou encore apolitiques, ont imposé leur voix pleine de colère, de détresse, et de saturation. Des voix qui s’unissent pour marquer la fin d’une époque où les noir-e-s ne pouvaient espérer recevoir justice lorsqu’une entrave à leur humanité se faisant criarde et voyante. La fin d’une injonction au pardon,à l’oubli et au silence qui est systématiquement présentée aux noir-e-s après les ravages de la négrophobie. Désormais les noir-e-s ont l’intention de se faire entendre et réclament justice comme leurs prédécesseurs le faisaient avant eux, à une époque pas si lointaine que ça.

Par toutes ces interventions, on a pu voir qu’iels étaient plusieurs à se retrouver avec moins d’ami-e-s qu’à l’origine. Certaines personnes non-noires ne ressentant ni l’urgence, ni la gravité de la situation, ont préféré demeurer silencieuse ou proférer à des insultes à l’encontre de certain-e-s noir-e-s qui ont vite ressenti une désolidarisation venant de leurs proches, négrophobes refoulé-e-s.

C’est donc sur cette lancée que beaucoup de personnes, dont des influenceuses mondialement connues (comme Jackie Aina, Alissa Ashley,ect), ont interrogé le soutien des personnes non-noires et notamment celui des marques que les noir-e-s consomment.

Êtes-vous avec nous ou contre nous?

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Suite à ces déferlantes demandes, on a pu voir une croissance incontestable du nombre d’individus non-noir-e-s s’alignant sur le hashtag #BlackLivesMatter. Il faudrait que l’on vienne à se poser la question de savoir si à partir du moment où l’on doit demander du soutien aux autres, est-ce que l’on peut considérer celui-ci comme étant naturel et authentique? Peut-on parler de soutien lorsque celui-ci n’est pas spontané?

Les marques, et pas n’importe lesquelles, se sont avancées sur la lutte anti-negrophobie avec des messages d’amour, de tolérance et de respect, et ce pour le plus grand bonheur de certain-e-s… Mais comment peut-on trouver satisfaction après avoir lu des petits post instagram publiés par des multinationales qui dans leurs fonctions capitalistes font perdurer le racisme et l’exploitation des pays en voie de développement ?

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Nike, Levis, Dior, Lacoste, Ysl, etc, font partie des marques qui ont partagé un message cohérent avec leur background et un message qui, par conséquent, pourrait faire croire à une véritable bienveillance.

Prada, Pretty Little Thing, L’oréal Paris, Apple, et Gucci, quant à eux, ne peuvent pas en dire autant puisque, pas plus tard qu’en 2019, Prada mettait en vente des porte-clefs à l’effigie des noir-e-s, une représentation caricaturée, négrophobe et plus qu’insultante pour les noir-e-s.

En 2019 Gucci avait suivi la tendance en commercialisant un pull imitant le black face qui stigmatise les noir-e-s.

L’oréal Paris s’était associé avec Munroe Bergdorf qui une femme noire trans, mais celle-ci a vite été renvoyée par la marque, après qu’elle ait osé parler de racisme et suprématie blanche.

Apple, notre marque bien aimée dont nous nous plaisons à vanter les mérites pour cause de nos iphones qui capturent les meilleurs clichés, fait appel à des enfants-creuseurs  Congolais pour leur apporter tous les minerais qui composent nos smartphones.

Pretty Little Thing, cette marque qui propose des vêtements pour femmes, mais qui a été créé et appartient à deux frères Indiens, a également enchaîné les maladresses négrophobes lors de l’année 2019 et s’est enfoncée avec leur message de soutien au #blacklivesmatter, les internautes ayant jugé qu’ils n’avaient pas pris la peine de montrer un réel intérêt pour la cause…

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Rappelons aussi qu’en 2018 Asos  était accablé pour avoir collaborer avec la marque noose & monkey dont le nom négrophobe fait directement référence à la pendaison et aux singes.

Même si certaines marques semblent irréprochables pour ce qui concerne le racisme, il n’empêche que ces dernières, contrairement aux messages qu’elles tentent de divulguer, n’ont aucune valeur ni humaine, ni politique.

L’expansion des réseaux sociaux a permis au militantisme de connaitre un plus grand nombre de partisans et d’adhérents, même les personnes se définissant comme apolitiques ont déjà posté un écran noir en story instagram où elles dénonçaient un fait de société à modifier ou à répudier…

Par ce fait, les marques, pour convertir les internautes en clients, se couchent sur les attentes des foules et répondent à une demande globale juste le temps d’un coup marketing. Une technique de séduction fourbe qui ne se fait que rarement démasquer tellement les spot publicitaires laissent croire à une inclusivité et un respect de toutes les personnes racisées !

Nombreux sont les documentaires (clique tu verras) qui dénoncent la manipulation publicitaire des multinationales, des reportages (clique encore celui-ci est pire) qui mettent en lumière les stratagèmes fallacieux des grandes entreprises qui n’ont que le gain d’argent pour unique intérêt. Cette supercherie que l’on peut aussi appeler « attrape-nigots » est juste à l’image de notre société, c’est à dire, raciste, sexiste, inégalitaire, et meurtrière.

Contrairement à ce que beaucoup semble croire, le capitalisme ce n’est pas uniquement le fait de voir un homme haut placé se remplir les poches parce qu’il a eu l’intelligence de développer son business. Le capitalisme est avant tout, un régime économique raciste qui vise à garder une élite blanche à un statut supérieur et cantonner les autres à une éternelle infériorité. Le capitalisme c’est avant tout l’exploitation infantile qui se fait dans des conditions dangereuses qui mènent, bien souvent, à l’infanticide. Le capitalisme c’est verser des centimes, en guise de rémunération, à la main d’oeuvre et revendre le produit à un coût plus qu’onéreux. Le capitalisme c’est aussi espionner les petit-e-s créat-eurs-rices, leur voler leur concept et se faire passer pour le tout puissant génie novateur. Le capitalisme c’est détériorer la planète en nuisant à l’écologie avec la manipulation de produits toxiques en connaissance de cause (exemple le scandale de chloredécone aux Antilles ) et la surproduction textile et agricole, ou encore la surproduction des appareils de technologie, qui engendrera un gaspillage que l’on camouflera par l’envoi des déchets dans ce qu’on appelle « les pays poubelles du monde ». Et enfin le capitalisme c’est faire croire, avec le neuro-marketing, à la population que la marque est transparente, pleine de conscience et d’humanité alors qu’elle orchestre ce qui se rapproche de l’esclavage !

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Un-e allié-e est une personne qui se manifeste en votre faveur sans que vous ne lui ayez rien demander, une personne qui vous respecte, vous écoute, et ne participe ni de près ni de loin à votre oppression.  Nous devons intégrer qu’on ne peut pas quémander l’alliage, l’amour ou le respect !

Nous devons nous réapproprier notre dignité et consommer uniquement auprès des marques dont tous les mouvements sont traçables et irrépréhensibles. Nous avons désormais l’obligation de donner plus de légitimité aux business appartenant à des noir-e-s parce que ce sont les seules entreprises capables de comprendre réellement ce que l’on vit et agir en fonction de cela.

Cette période nous permet d’ouvrir les yeux sur les réelles intentions des multinationales mais aussi sur celles de nos proches. Gardons en tête que nous devons nous libérer de cette emprise qui nous endort et nous laisse croire que nous sommes dans la victimisation.

Nos voix sont valides, notre colère aussi, ne vous faites plus avoir !

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Par Ntumba Matunga

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