Que s’est-il passé pendant le mois de septembre? Les femmes noires sont-elles en sécurité?

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Le mois de septembre que l’on prédisait prometteur et riche en bonnes nouvelles, s’est avéré être un mois tumultueux baigné d’événements aussi surprenants les uns que les autres. Les femmes Africaines et Afro-descendantes se sont, plus que jamais, vues malmenées, décrédibilisées, censurées, et livrées à elles-mêmes. Quelles formes d’expression devons-nous adopter pour devenir crédible aux yeux des autres? Quels sont les facteurs qui permettent que ces situations dangereuses continuent de se produire? Qu’est-ce qui rend la décrédibilisation aussi accessible comme outil pour nuire aux Africaines et aux Afro-descendantes?

Maltraitances hospitalières

En Belgique, le 25 septembre dernier, Maya, femme entrepreneur, publie une vidéo devenue virale, où on peut l’apercevoir désemparée racontant son calvaire infligé par le personnel soignant de l’hopîtal Molière iris sud. 

Au visionnage de cette vidéo, on comprend que le personnel soignant avait conclu que Maya simulait ses douleurs et, par conséquent, le personnel n’a pas hésité à lui montrer qu’elle ne pouvait pas attendre de leur part qu’ils-elles lui fournissent un traitement digne de ce nom. 

Cette situation se veut récurrente pour une grande majorité des personnes racisées.  Lorsque physiquement on s’éloigne de la blanchité, nous perdons toute éligibilité pour ce qui concerne le respect de nos droits d’êtres humains. Nous ne pouvons aspirer à un accueil chaleureux dans les hôpitaux, les interventions, pour les personnes racisées, demeurent austères et traumatisantes.

De sa propre initiative et pour ne pas avoir à s’occuper de la jeune femme souffrante, le médecin dont il est question dans la vidéo ne s’est pas gêné pour déléguer sa patiente à une infirmière d’origine Africaine.

Malgré les maltraitances qui se veulent répétitives, actuellement nous pouvons constater que des associations « anti-racistes » militent pour interdire les listes de professionnel-le-s de la santé qui ont été érigées dans le but d’améliorer les conditions dans lesquelles les personnes racisées se font soigner. Amusant n’est-ce pas?

Le musée du Louvre et ses gardiens misogynes.

Il y a de ça 3 mois, la styliste Oceane Nelien s’est vue refuser l’entrée au musée du Louvre alors qu’elle portait un pantalon aux motifs bohèmes et une chemise nouée qui laissait transparaitre un quart de son ventre. Les employés du musée lui faisaient alors savoir que si elle désirait entrer, elle aurait pour obligation de se couvrir davantage à l’aide d’un châle.

C’est de façon inattendue que le 18 septembre 2020, la créatrice prit possession des lieux et organisa son défilé clandestin, une revanche légendaire qui ressemble à un coup d’état !

Voici la vidéo postée sur les réseaux sociaux de la surprenante Océane (vidéo filmée par Léo Papin).

Malheureusement ce n’est pas la première fois que des femmes sont interdites de musée pour cause de leur tenue vestimentaire. En 2018 déjà, une influenceuse Australienne avait été refoulée en raison de son décolleté « trop » plongeant. Plus récemment encore, le 9 septembre 2020, une étudiante n’avait pas accès au musé d’Orsay pour la même raison.

Ce genre d’incident laisse penser qu’une réglementation concernant les tenues vestimentaires a été établi et que les employé-e-s tentent simplement de la faire respecter, mais il n’en est rien. Les gardiens et les gardiennes de ces musées jugent et estiment d’eux-mêmes si les tenues que portent les femmes sont à l’image du musée. Nous retrouvons là des mécanismes misogynes qui interdisent aux femmes de se vêtir comme elles le souhaitent. Ces musées recueillent des œuvres d’une autre époque mais faut-il pour autant importer les mentalités archaïques de ces temps révolus?

Un gateau goût femme noire souffrante

Le 29 septembre sur twitter, une internaute décide de publier une vidéo qui créa la controverse. Cette vidéo n’est autre que celle scénarisant des Suédois-es en pleine dégustation de gâteau à la forme d’une femme noire.

La vidéo date de l’année 2012 et pourtant, la visionner donne toujours cette même sensation répugnante. Bien que cela puisse choquer, ce gâteau a été élaboré par un homme noir nommé Makode Linde et c’est son visage que l’on aperçoit en black face à l’avant du gâteau.

Il a eu pour idée de sensibiliser sur les mutilations génitales féminines et en armant toutes les personnes figurant dans la vidéo d’un couteau, il a voulu leur faire comprendre que tout le monde, à une échelle différente, avait une part de responsabilité dans la souffrance des femmes noires.

Au premier abord, cette scène ressemble plus à une caricature qu’à une séance sensibilisatrice, ceci explique pourquoi 8 ans après, cette vidéo reste incomprise et continue de choquer !

Le Mali condamne les violences faites aux femmes

Le 21 septembre 2020, le chanteur Malien Sidiki Diabaté est arrêté pour coups et viols perpétrés sur sa compagne Mariam Sow.

Selon BBC, l’influenceuse d’origine Guinéenne était en couple depuis 7 ans avec Diabaté et celui-ci n’a jamais cessé d’utiliser les ustensiles les plus farfelus les uns que les autres pour la battre quotidiennement.

Après diffusion de ces images horrifiantes, certaines artistes féminines, sûrement par solidarité musicale, on décidé de prendre la défense du chanteur en implorant le pardon et la bienveillance de ses fans. Ces chanteuses qui le défendent sont des femmes qui ont elles-mêmes subi des violences dans leur couple et qui en ont même fait des chansons ! Ces femmes sont censées comprendre la souffrance de Mariame Sow puisqu’elles sont passées par là, mais malgré cela, c’est la misogynie qui l’emporte et qui permettra que d’autres hommes aient les mêmes agissements.

Heureusement, les féministes et les avocates Maliennes ont décidé de descendre dans les rues de Bamako pour faire entendre leur révolte et c’est grâce à elles que l’affaire Sidiki n’est pas restée sans conséquences. Félicitations mesdames !

Megan Thee Stallion décrédibilisée

Le 16 juillet 2020, internet découvre que l’artiste Afro-Américain Tory Lanez tire à balles réelles sur la rappeuse Megan Thee Stallion. Alors que ce dernier restait silencieux, Il a semblé que ses partisans n’ont cessé de décrédibiliser et menacer la jeune femme de 24 ans, au point où elle n’a trouvé d’autres solutions que de faire un live sur instagram pour se justifier en montrant ses blessures, elle ira jusqu’à expliquer aussi qu’elle a été victime d’une situation traumatisante.

Le 25 septembre nous découvrons par le biais du média the shade room que Tory Lanez a sorti un nouvel album où toutes les chansons affirment de manière très explicite que Megan est une menteuse. Un album qui s’est rapidement positionné numéro 1 sur Apple music.

Heureusement pour la rappeuse, l’hôpital a déclaré publiquement qu’elle a bien été agressé et qu’ils ont dû lui retirer une balle du pied.

Le fait que Tory Lanez dévoile un album dédié à Megan Thee Stalion, est la raison qui confirme que nous ne devons pas séparer l’homme de l’artiste car les artistes violeurs ou agresseurs n’ont pas honte de leurs crimes, ils exploitent les traumatismes de leurs victimes et en font des « œuvres » à vendre.

Bien que les femmes Africaines et Afro-descendantes désignent tous les faits et les preuves inculpant leur bourreau, invisibiliser leur souffrance sera toujours un jeu d’enfant, puisque nous vivons dans une société capitaliste ! Le capitalisme hiérarchise les races et place les femmes noires en bas de l’échelle, chose qui nous apporte que très peu de considération et pas une once de respect. Le plus désavantageux c’est le fait que des femmes ayant inconsciemment intériorisé la misogynoire, se mettent en première ligne pour protéger des hommes qui les méprisent tout autant. 

Ntumba Matunga

Ntumba Matunga

Tétons Marrons s’engage à être la première plateforme vers laquelle les femmes noires se tournent pour trouver une source d’informations qui est  à l’image de leur existence.

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