31 juillet : Journée internationale de la femme Africaine

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Depuis 1962, chaque année à la même date, le 31 juillet, nous célébrons le progrès, l’émancipation, et l’autonomie des femmes Africaines. Contrairement à ce que révèle les stéréotypes négrophobes, les femmes Africaines se sont toujours montrées travailleuses, indépendantes et résilientes en toutes situations. En ce 31 juillet 2021 qui glorifie les Africaines, pouvons-nous affirmer que nous approchons de la fin du patriarcat ? 

Étant moi-même une femme Africaine qui fréquente d’autres femmes Africaines (et femmes Afro-descendantes aussi ) aux mêmes origines que moi, mais également issues d’autres pays Africains, de cultures et spiritualités variées, je peux affirmer que malgré les disparités, nos expériences restent approximativement similaires. 

Au mois de juin dernier j’assistais à de multiples conférences orchestrées par le forum génération égalité. Des conférences qui avaient pour thématique l’Afrique et ses enjeux, les femmes Africaines et le féminisme, ou encore l’éducation des femmes en Afrique. J’ai pu y découvrir bon nombre de panélistes féminines impliquées dans les luttes des femmes Africaines contre le patriarcat, mais malgré cela, j’ai trouvé qu’il manquait un élément crucial à la conversation, un élément auquel aucune femme Afro, qu’elle soit Africaine ou non, ne peut échapper ; le domicile familial Africain. 

Certes, les violences urbaines que les femmes rencontrent quotidiennement sont à dénoncer. Il est évident que la scolarisation des petites filles est primordiale pour s’affranchir de l’emprise patriarcale et la présence de femmes dans les espaces décisionnaires n’est également plus à contester si l’on cherche réellement à mettre fin à une domination masculine qui sévit depuis des siècles. Mais à un même niveau, je pense qu’il faudrait, dans tous ces espaces de discussions, aborder l’oppression implantée dans le domicile familiale qui banalise les inégalités de genre. 

Effectivement, bon nombre de foyers Africains s’alignent sur un modèle misogyne imposant des rôles sexués qui confinent les filles et les femmes à la cuisine, et ce sans leur laisser un temps de répit pour leurs loisirs personnels. On ne peut pas parler de libération et émancipation féminine lorsque dans leur propre maison les filles et les femmes continuent d’être asservies. Une grande partie de l’éducation se fait d’abord dans le domicile, alors si les Africain-e-s apprennent dès le plus jeune âge que les femmes doivent garder une position subalterne, il est sûre que ces procédés continueront à impacter la société dans la vie de tous les jours. 

Miramax Films

Dans plusieurs pays Africains (Cameroun, Côte d’Ivoire, Togo, RDC, Congo Brazzaville, etc.), le début du veuvage des femmes demeure une étape des plus traumatisante et violente. Au bouleversement ressenti par la perte de leur mari, s’ajoute les pressions morales exercées par la famille de ce dernier, qui très souvent tient l’épouse pour responsable de la mort de son défunt partenaire.

Ces accusations douteuses engendrent l’expulsion du domicile conjugal, les femmes se voient confisquer tous leurs biens immobiliers et matériels et ce même si elles ont déboursé la même somme d’argent que leur époux pour les posséder. Bon nombre de femmes, après la mort de leur mari, se retrouvent donc à la rue ou trouvent refuge chez leurs parents lorsque ceux-ci sont encore vivants.

Excepté au Gabon, aucune loi ne protège les femmes du délogement forcé imposé par la famille de leur mari, cette pratique patriarcale et sexiste est à ce jour encore pratiquée, mais pourtant dans les conférences féministes Africaines le sujet n’est que rarement abordé… 

Nous, femmes Africaines, vivons encore sous le joug du patriarcat et ce, 59 ans après le premier rassemblement, à Dar es Salam (Tanzanie), de centaines de femmes venues de tout le continent africain pour la création de l’Organisation panafricaine des femmes. 

Ntumba Matunga