Le 6 mai dernier, Saadia Mosbah, fondatrice de l’association antiraciste “M’nemty”(=mon rêve) visant à protéger les personnes noires de Tunisie, est arrêtée par la police tunisienne à Tunis. Le 17 mai 2024, c’est la militante Congolaise Gloria Sengha qui se voit arrêtée arbitrairement par les forces de l’ordre congolaises. Les deux femmes demeurent, jusqu’à présent, privées de leur liberté.
Saadia Mosbah est une militante Tunisienne et chanteuse engagée. Elle est connue pour son travail en faveur des droits des personnes noires en Tunisie et pour lutter contre le racisme et la négrophobie. L’association « M’nemty » a œuvré depuis 2013 à la sensibilisation de la population tunisienne afin de promouvoir la paix et la justice sociale pour les citoyen-ne-s noirs oppressé-e-s. En 2019, La militante pour les droits humains plaide aux Nations Unies contre le racisme en Tunisie et dénonce les oppressions dont les personnes noires sont victimes dans son pays.
Le 6 mai 2024, à la surprise générale, la militante a été arrêtée. Son procès a débuté le 22 mai et Saadia Mosbah se trouve toujours derrière les barreaux. L’activiste est incriminée pour cause de blanchiment d’argent et son association M’nemty est accusée d’aider frauduleusement les migrants subsahariens à s’installer en Tunisie. Selon les militants défendant les droits de l’homme, il s’agit là d’un faux prétexte et d’une campagne décrédibilisation lancée par le président Tunisien Kaïs Saïed contre qui l’association M’nemty s’était insurgée suite à ses propos négrophobes. Cette arrestation survient près d’un an après que la militante ait été honorée par le Prix du Secrétaire d’État américain pour les champions de la lutte contre le racisme dans le monde, le 9 août 2023.
Le 17 mai dernier, à Kinshasa, la militante congolaise Gloria Sengha, fondatrice du mouvement Vigilance Citoyenne (VICI), est arrêtée par des hommes cagoulés à la fin de la manifestation « Tolembi Pasi », mouvement organisé pour dénoncer le coût de la vie trop cher en République Démocratique du Congo qui ne permet pas aux citoyen-ne-s de survivre. L’activiste Congolaise et son co-militant Robert Bunda ont été violemment kidnappés sans mandat par les forces de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR).
Cela fait désormais 42 jours que Gloria Sengha est détenue de manière totalement arbitraire dans les locaux de l’ANR sans accès à un avocat ni aux soins de santé. Gloria Sengha souffrirait actuellement de multiples infections et poursuivrait une grève de la faim pour protester contre son arrestation. De nombreuses ONG défendant le respect des droits de l’Homme appellent à la libération des activistes Congolais et dénoncent des coups violents portés sur les personnes kidnappées. Les ONG demandent aux autorités congolaises de respecter les droits de manifester pacifiquement.




