Black Don’t Crack : La fin d’un mythe, les victimes de racisme fragilisées par le vieillissement précoce

Il n’est pas rare de voir des personnes noires s’enorgueillir de leur visage juvénile. En effet, de manière générale, les Africain-e-s et les Afrodescendant-e-s paraissent beaucoup plus jeune que leur âge, et ceci grâce à la mélanine que nous possédons (en grande quantité) qui protège notre peau des rayons UV, lesquels accélèrent le vieillissement cutané. Néanmoins, il n’est pas irraisonnable de se demander si l’expression “Black Don’t Crack (Noir ne défraîchit pas)”répétée à tue-tête est réelement fondée. Les apparences ne sont-elles pas parfois trompeuses ? 

Stress toxique : télomères, hypertension, et diabète

Dans les communauté Afro, la santé mentale demeure un éternel sujet tabou, et pourtant, les ravages causés par ces maux non-traités sont de plus en plus conséquents. Un article publié par l’Unicef a démontré que, dès la petite enfance, un événement traumatisant (une agression raciste, des violences conjugales, le décès d’un être cher, etc.) peut engendrer ce que l’on appelle le stress toxique. Selon Nadine Burke Harris, fondatrice du Center for Youth Wellness à San Francisco, le stress toxique est systématiquement provoqué par des violences physiques, verbales, émotionnelles ou structurelles et entraîne des changements néfastes sur la santé mentale, ainsi que sur la santé physique, des personnes issues des communautés noires et racisées subissant la violence quotidienne d’une société raciste. 

En 2020, les travaux de l’université d’Auburn nous apprenaient que le stress toxique causé par le racisme affecte également les télomères des femmes noires. Les télomères sont des brins de l’ADN qui constituent une protection pour nos chromosomes et empêchent que ceux-ci ne se dégradent. Si le raccourcissement des télomères, au fil des ans, est  totalement normal, l’étude démontre que, à cause du stress toxique provoqué par le racisme subi, les télomères des femmes noires sont significativement plus courts que ceux des femmes blanches, causant ainsi un vieillissement précoce. Plus choquant encore, dans une même tranche d’âge, les femmes noires sont plus vieilles de 7 ans que les femmes blanches.

L’article “les effets du stress toxique, de l’adversité dans la petite enfance et de l’impact du racisme sur la santé publié par des chercheurs et neuroscientifiques Américains, en 2021, indique que les conséquences du stress toxique sont préoccupantes car elles mènent infailliblement l’hypertension, aux maladies cardiovasculaires, au diabète et d’autres conditions de santé graves. Le stress toxique, combiné au syndrôme méditéranéen (= négligences racistes en milieu hospitalier), entraîne des taux élevés de mortalité infantile et maternelle dans les communautés noires.

À notre question “Les apparences ne sont-elles pas parfois trompeuses ?”, nous pouvons répondre par l’affirmative. Non seulement les femmes noires sont touchées par un vieillissement précoce, mais, pire encore, les maladies qui accompagnent le stress toxique provoqué par les violences racistes et misogynoires, sont on ne peut plus dévastatrices.  Les personnes noires sont loin d’être indestructibles !

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Ntumba Matunga

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