Quand la misogynie du rap valide les crimes sexuelles sur les femmes

21 octobre 2025    –    Ntumba Matunga

Ce 17 octobre 2025 en République Démocratique du Congo(RDC), l’assemblée nationale recommande la reconnaissance du Genocost, acronyme signifiant génocide exécuté à des fins économiques. Comme l’indique l’acronyme, c’est en vue de faciliter le pillage des ressources naturelles de la RDC (cobalt, coltan, lithium, etc.) que la population à l’est de ce grand pays est exterminée. L’acquisition de minerais poussent les milices et armées étrangères (majoritairement le Rwanda et l’Ouganda) à s’accaparer du corps des femmes en les violant et en introduisant toutes sortes d’objets tranchant dans leur vagin

À cette même date du 17 octobre, les amateurs de rap découvraient le morceau “le mouvement” sur lequel plusieurs rappeurs d’origine Congolaise se sont associés tels que Zed, Guy2Bezbar, Gradur et Niska, pour alimenter le projet Kongo de Gradur. Alors que la RDCongo continue de subir une extermination génocidaire qui place les femmes en premières victimes de guerre, le rappeur Niska introduit son couplet par une accroche qui pose question. 

En effet, à plusieurs reprises déjà, le grand public a été témoin de l’aversion exprimée par Niska pour les femmes. La liste des déboires de l’artiste franco-congolais de 31 ans se compose notamment d’une plume artistique explicitement dégradante qui a donné naissance à l’injure “tana”, d’accusations de violences conjugales sur la chanteuse Aya Nakamura, et du témoignage d’une ex-compagne décrivant l’abandon de sa fille sans trace de pension alimentaire. 

Désormais Niska se surpasse par l’introduction de son couplet sur le morceau “le mouvement” en vociférant une obscénité déroutante “libolo ya mama na bango” qui se traduit littéralement par “le vagin de leur mère”. Ce slogan aurait pu passer entre les mailles du filet comme la majorité des textes de Niska qui a fait de ce cru sensationnel sa marque de fabrique. Cependant, il est avéré que ce fameux “libolo ya mama na bango” se trouve au cœur d’une chanson (intitulé le mouvement) intégrée au projet Kongo initié par le rappeur Gradur. 

Tous les jours, les femmes à l’est de la RDC voient leur vulve mutilée et leur vagin pénétré sous la contrainte d’une arme.  Même dans le cas où ces obscénités braillées par le rappeur Niska n’étaient pas destinées aux femmes congolaises, cela reste insensible et irrespectueux, car cela démontre, encore une fois, que pour atteindre et dominer leurs ennemis les hommes s’en prendront systématiquement aux femmes(mère, épouse, filles) proche de ces derniers. L’art influence les masses, les artistes inspirent les foules. Quel message Niska transmet-il à son audience lorsqu’il hurle ces propos abjectes ? Les violences sexuelles n’ont pas leur place dans l’art musical, et il est temps d’en finir avec cette haine mélodieuse dégradante pour les femmes.

En savoir plus sur Tétons Marrons

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture