Génocide Soudan : les femmes soudanaises sacrifiées par les Émirats arabes unis

Ntumba Matunga   –   Lundi 3 novembre 2025

Les bijoux de Dubaï trempés dans le sang des femmes africaines

El-Fasher, capitale du Darfour du Nord est tombée, le 26 octobre dernier, depuis la ville s’est transformée en un cimetière à ciel ouvert. Des milliers de civils exécutés, des femmes violées, réduites en esclavage, et torturées…

Au Darfour, les femmes représentent des proies pour les assaillants. Les milices des Forces de soutien rapide (FSR) utilisent le viol comme instrument de domination ethnique et patriarcale. Dirigées par Mohammed Hamdan Daglo (allias Hemetti), les FSR sévissent depuis 2013 pour conquérir les territoires riches en ressources minières du Darfour.

Réuni en urgence le 30 octobre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU se dit « profondément inquiet » de la situation. Le lendemain, l’Union européenne a condamné la « brutalité » des FSR. Mais malgré cela, les avions continuent de bombarder, l’insécurité se prolonge, et la famine accable les survivant-e-s.

Depuis 1980 le Soudan a été assailli sans interruption. Les militantes soudanaises le répètent, les déclarations des institutions européennes ne suffisent plus ! « Les pays occidentaux multiplient les déclarations mais ne font rien », dénonce Kholood Khair, fondatrice du think tank Confluence. Les Émirats arabes unis, quant à eux, continuent de soutenir financièrement et d’armer les milices de Hemetti afin de pouvoir exploiter les mines d’or et le pétrole du Soudan. 

Au milieu de cette horreur, les femmes soudanaises organisent des réseaux clandestins, cachent les enfants, documentent les viols et les massacres. Elles écrivent, filment, témoignent, souvent au péril de leur vie, notamment à travers l’organisation  Darfur Women Action Group fondée par la militante Niemat Ahmadi. Dans les camps, des sages-femmes improvisent des accouchements sans eau, sans lumière, sans anesthésie. Des militantes diffusent la tragédie quotidienne sur les réseaux, et alertent les ONG, pour faire entendre leurs voix. 

Pendant que les femmes du Darfour luttent pour leur survie, le marché de l’or de Dubaï continue de prospérer et d’attirer une clientèle croissante chaque année. En 2024, la vente de bijoux en or de Dubaï a rapporté plus de 382 milliards de dollars, une somme exorbitante qui ne pourrait demeurer sans l’Afrique. En effet, la quasi-totalité de l’or des Émirats arabes unis est importée du Soudan, de la République Démocratique du Congo, du Mali, du Ghana, de la Côte d’ivoire, du Zimbabwe et de l’Afrique du Sud. 

L’exploitation des minerais de sang se fait au détriment de la population soudanaise qui depuis 45 ans voit le pays être décimé. Aujourd’hui, plus que jamais, les femmes soudanaise exigent la vérité, la justice, et la paix. Elles demandent que les auteurs de crimes de guerre soient jugés et que les financements arabes cessent.

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